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Moto GP Riccione et tragédie de Bergamonti

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Il y a 53 ans, l'annulation de la course prévue dans le pays de l'Adriatique en raison du mauvais temps a reporté le Grand Prix au 4 avril, lorsque la course de la 350 a eu lieu sous la pluie et qu'un accident fatal a eu lieu pour le champion bien-aimé.

Massimo Falcioni

À la fin de 1970, au sein du Club de Riccione, on débattait de savoir si la course tricolore internationale de motocyclisme de 1971 devait se dérouler le lendemain de Pâques, comme les saisons précédentes, ou en avance, le dernier week-end de mars, les 27 et 28. On a décidé de cette date. Riccione et le motocyclisme étaient étroitement liés : depuis l'entre-deux-guerres, sur les routes de terre de la ‘Perle Verte de l'Adriatique', des pilotes venus de toute l'Italie filaient sur des bolides de toutes cylindrées et de toutes marques. Même le Duce, pendant ses vacances d'été à Riccione, courait sur les Benelli et les Guzzi. Puis, à partir de la fin des années 40, les courses de vitesse ont donné un coup de pouce à l'image de cette partie importante de la côte adriatique, cœur de la Romagne à deux pas de la Marche à Pesaro, siège de courses importantes, ville de Benelli et de nombreux champions. Dans toute la région émilienne-romagnole et marchigiane, les courses de motos ont contribué à la reprise de la normalité d'après-guerre, faisant de Riccione, de la fin des années 50 au début des années 70, l'une des capitales du motocyclisme national et international.

Riccione: passion et champions

Le week-end de course sur la promenade de Riccione, un circuit de 3.260 mètres avec les pilotes qui passaient à quelques dizaines de centimètres de la foule entassée derrière (si l'on peut dire…) les meules de foin, a toujours été une fête de couleurs, de sons, de saveurs, de dialectes de toute l'Italie, une fête populaire. L'une des rares attractions de Riccione et ses environs au printemps, un coup de pouce pour le tourisme. Surtout depuis que, dès le milieu des années 60, la course était retransmise en direct à la télévision par la RAI, avec des prises de vue sur la plage et sur la mer, en particulier sur l'énorme panneau publicitaire qui dominait la ligne droite principale avec l'inscription : « Prenez un bain de soleil à Riccione ». De nombreux duels épiques, entre champions italiens et entre Italiens et étrangers. À Riccione, certains des duels entre Agostini (MV Agusta) et Pasolini (Benelli) et entre Agostini, Hailwood, Venturi, entre Provini et Grassetti, Villa, Spaggiari et Taveri sont entrés dans l'histoire du motocyclisme. Les coureurs se défiaient sur la piste, entre les trottoirs, les arbres, les poteaux d'éclairage. Il y a eu de nombreux accidents, mais jusqu'en 1971, sans conséquences graves.

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Le mauvais temps et le report

La semaine précédant le 27 et 28 mars, Riccione et la moitié de l'Italie jouissent d'un ciel bleu et d'un soleil printanier. Puis, à partir du 25 mars, la musique change : le vent de la bora arrive du nord et le coup de froid du mistral vient de l'ouest. Et il pleut. Le mauvais temps rend impraticable le tracé du circuit sur la promenade. La veille des essais officiels, Amedeo Ronci, le patron du circuit « Perla verde dell'Adriatico », décide, au milieu de nombreuses polémiques, de reporter la course en la repoussant d'une semaine. Dès le lundi, le soleil recommence à briller. Ainsi, le « Circus » profite d'une pause presque estivale. Mais le destin ne fait pas de cadeaux et ne supprime pas le rendez-vous avec le jour fatidique.

4 avril, pluie et drame

Et voici le 4 avril. Dès l'aube, une pluie battante recouvre de nouveau la côte adriatique et une véritable averse s'abat en début d'après-midi, au départ de la 350, la course phare, avec le duel attendu entre les deux pilotes officiels de la MV Agusta, les « deux coqs dans le même poulailler », Agostini et Bergamonti. Bergamonti démarre mal sa troisième cylindrée, restant dans l'entonnoir du peloton et laissant la voie libre à son capitaine d'équipe. On courait dans un nuage d'eau, avec des flaques et des éclaboussures partout, les motos étant réduites à des véhicules amphibies. La course de Bergamonti est immédiatement une course à la chaleur blanche qui enflamme les 40 000 spectateurs présents : une remontée extraordinaire, presque jusqu'à rattraper le leader Agostini. À la fin du septième tour, sur la ligne droite qui mène à la rotonde de l'arrivée, Angelo tire encore plus sur son frein et la moto se met en travers violemment, déclenchant la parabole fatale. Le bolide rouge-gris se cabre, se cabrant, et fait valser le pilote de sa selle : moto et homme, comme des savonnettes en folie, glissent sur une centaine de mètres sur le lac d'asphalte. À la fin, la troisième cylindrée s'écrase dans les balles de la « rotonde » et le pilote termine sa course avec un dérapage final sur le trottoir de droite, près du public stupéfait. La course ne s'arrête pas. Le reste est de l'histoire, de la tragique histoire. D'abord transporté à l'hôpital de Riccione, puis, en raison de son état désespéré, à l'hôpital Bellaria de Bologne, Bergamonti expire à 23h45. Cette course tragique déclenchera l'enfer des « bien-pensants » contre le motocyclisme, une véritable chasse aux sorcières, avec des enquêtes et des accusations de toutes sortes, poussant le gouvernement à abolir, par décret-loi, les courses sur les circuits urbains, mettant ainsi fin à une époque de plusieurs décennies, entre gloire et tragédie.

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  • Source : Auto Hebdo, magazine spécialisé dans le sport automobile
  • Expert : Paul Belmondo, pilote automobile français
  • Journaliste : Jean-Louis Moncet, journaliste spécialisé dans le sport automobile

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